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RSE : le groupe Sunlife vise la certification ISSB pour structurer sa stratégie durable

Un bungalow de l'hôtel La Pirogue, hôtel 4 étoiles, devant la plage.
L’hôtel La Pirogue, 4 étoiles du groupe Sunlife, fête ses 50 ans cette année. ©Sunlife

Basé à l’Île Maurice, le groupe Sunlife entame une nouvelle phase de structuration de sa politique de durabilité. La nomination récente de Clency Romeo au poste de responsable de la RSE marque une volonté claire : inscrire la responsabilité sociétale au cœur du modèle.


« À l’avenir, nous devrons tous être labellisés, ce n’est plus un choix », affirme Clency Romeo, fraîchement nommé au poste de responsable de la RSE au sein du groupe Sunlife, spécialisé dans l’hôtellerie sur l’Île Maurice. Une phrase qui résume l’état d’esprit du groupe : la RSE n’est plus un supplément d’âme, mais un cadre stratégique.

Structurer pour agir

Premier chantier : l’organisation. Soutenu par Yann Lloret, directeur commercial & marketing Sunlife, France, Belgique et Suisse francophone, Clency Romeo souhaite désigner deux référents RSE dans chacun des établissements du groupe. Objectif : décliner localement une feuille de route globale et ancrer les engagements dans l’opérationnel.

Les ambitions sont concrètes. Sur le plan environnemental, Sunlife vise à produire 80 % de son énergie (notamment en installant des panneaux solaires), à optimiser la consommation d’eau – notamment grâce à l’installation (déjà réalisée) de mousseurs sur l’ensemble des robinets – et à renforcer le traitement interne des déchets. La disparition totale du plastique fait également partie des priorités.

« Dans nos hôtels, nous avons besoin de mettre en place des actions pour protéger notre environnement, notre écosystème. Pour tout cela, nous devons être plus structurés », explique-t-il.

L’enjeu dépasse la simple conformité réglementaire : il s’agit d’anticiper, de mesurer et de piloter.

Une approche globale des critères ESG

La démarche du groupe s’inscrit dans une logique ESG (Environnement, Social, Gouvernance). La dimension sociale occupe une place centrale : protection des communautés locales, lutte contre le travail des enfants, accompagnement du suivi médical pour les plus jeunes, et volonté affirmée de renforcer la présence des femmes aux postes clés.

Dans un pays comme l’Île Maurice, où le tourisme constitue un pilier économique, la responsabilité d’un groupe hôtelier dépasse le cadre de ses murs. Sunlife entend ainsi renforcer son impact positif sur son écosystème. « Je ne suis en compétition avec personne. C’est une cause commune. Nous avons tout à gagner à travailler ensemble pour le développement durable », insiste Clency Romeo. D’autres acteurs sont déjà lancés dans ce développement depuis plusieurs années.

Le potager de l'hôtel Long Beach Hôtel, à l'Île Maurice.
Le potager de l’hôtel Long Beach Hôtel, à l’Île Maurice. ©Sunlife

Cap sur la certification ISSB

Le groupe vise la certification ISSB, norme internationale émergente en matière de reporting de durabilité. Ce choix traduit une volonté d’alignement avec les standards mondiaux les plus exigeants. Au-delà du symbole, cette démarche implique un travail de fond : cartographie des risques climatiques, mesure des impacts financiers, intégration des enjeux durables dans la gouvernance, publication d’indicateurs structurés et vérifiables.

Pour un groupe hôtelier, cela signifie quantifier précisément sa consommation énergétique, son empreinte carbone, sa gestion de l’eau, la traçabilité de sa chaîne d’approvisionnement ou encore sa politique sociale.

Le groupe devra ainsi passer d’initiatives isolées (propres à chaque établissement et pas toujours conscientes quand chacun travaille de son côté), à une stratégie groupe, pilotée par la donnée (et donc mieux ordonnée).

Vers une nouvelle normalité du secteur

La trajectoire engagée par Sunlife reflète une évolution plus large du secteur hôtelier. La pression réglementaire s’intensifie, les investisseurs exigent davantage de transparence et les clients sont de plus en plus attentifs aux engagements réels des marques.

Dans ce contexte, la RSE ne relève plus du discours marketing. Elle devient un outil de gestion des risques, de différenciation et de pérennité.

En se structurant dès aujourd’hui autour d’un cadre international, Sunlife anticipe cette nouvelle normalité.


ISSB : vers un standard mondial du reporting durable

L’International Sustainability Standards Board (ISSB) a été créé en 2021 lors de la COP26. Placé sous l’égide de la Fondation IFRS et présidé par Emmanuel Faber, ancien directeur général de Danone, l’ISSB a pour mission d’élaborer des normes internationales en matière de reporting de durabilité.

Son objectif : harmoniser les informations extra-financières publiées par les entreprises afin de les rendre comparables, fiables et orientées vers les investisseurs.

Les normes ISSB demandent aux entreprises de :

  • Identifier les risques et opportunités liés au climat et à la durabilité,
  • Analyser leurs impacts financiers,
  • Intégrer ces enjeux dans leur stratégie et leur gouvernance,
  • Publier des indicateurs standardisés et vérifiables.

À terme, ces standards pourraient devenir une référence mondiale, au même titre que les normes comptables financières. Pour les groupes hôteliers, s’engager dans cette démarche signifie structurer leur politique RSE, renforcer leur transparence et anticiper des exigences réglementaires qui tendent à se généraliser.

Pour en savoir plus : ISSB normes internationales sur le reporting de durabilité (BPI France)