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Equiphotel 2026 : l’hospitalité plurielle au cœur d’une nouvelle édition

Béatrice Gravier, directrice du salon Equiphotel.
Béatrice Gravier, directrice du salon Equiphotel, à l’occasion de la conférence de presse de lancement de l’édition 2026.

Le coup d’envoi d’Equiphotel 2026 a été donné le mardi 7 avril à l’ENSCI – Les Ateliers, dans le 11e arrondissement de Paris. Le salon, rendez-vous BtoB de référence du secteur qui réunit plus de 1 200 exposants et 80 000 décideurs du CHR, se tiendra du 2 au 5 novembre à Paris Porte de Versailles. Son thème central cette année : l’hospitalité plurielle.


Un partenariat renouvelé avec l’ENSCI – Les Ateliers

Pour la deuxième fois, Equiphotel a reconduit son partenariat avec l’ENSCI – Les Ateliers, seule école publique en France entièrement dédiée au design industriel, fondée en 1982. Béatrice Gravier, directrice du salon, a ouvert la conférence en soulignant l’importance de ce lien avec la jeune génération : « On aime les partenariats de long cours, on aime la fidélité. »

Cette nouvelle collaboration a porté sur un sujet ambitieux : l’hospitalité créatrice de souvenirs. Pendant six mois — d’octobre 2025 à janvier 2026 — douze étudiants ont eu carte blanche pour plancher sur des projets concrets, encadrés par Jean-Marc André, directeur artistique, et Anne Eveillard.

Frédérique Pain, directrice de l’ENSCI, seule école publique en France entièrement dédiée au design industriel, a rappelé la singularité de son école, fondée ne 1982 : une pédagogie entièrement par projet, sur cinq ans, sans années académiques traditionnelles. « On propose à nos élèves d’être portés par des projets », a-t-elle résumé. Une approche unique au monde, selon elle, qui délivre un grade de Master et forme des designers à plus de 130 métiers différents.

Pour Frédérique Pain, l’enjeu était clair : permettre aux étudiants de se saisir de questions de société complexes, à l’image de ce sujet sur l’expérience mémorable — « Dieu sait si c’est compliqué, a-t-elle concédé, puisqu’on se souvient beaucoup plus facilement de ce qui s’est mal passé. »

Les élèves de l'école ENSCI - Les ateliers lors de la conférence equiphotel.
Béatrice Gravier et Gabrielle Halpern entourées d’une partie des élèves de l’ENSCI qui ont participé au projet lancé par le salon Equiphotel.

Qu’est-ce qui fait un souvenir ?

C’est la question au cœur des travaux présentés ce mardi 7 avril. Dans un contexte où l’offre d’hébergement s’est considérablement diversifiée, créer des souvenirs durables est devenu un véritable levier de différenciation pour les hôtels. L’attention portée aux détails, aux ambiances, aux interactions — bien plus qu’au confort ou au prix — façonne désormais la mémoire d’un séjour.

Jean-Marc André a posé le cadre avec clarté : « Qu’est-ce qui fait que vous fréquentez un hôtel, un restaurant, une pension, et que vous en parlez encore dix ou vingt ans après ? Pas en étoiles, pas sur Instagram — dans l’émotion. »

Cinq des dix projets ont été présentés, en convoquant chacun l’un des cinq sens : olfactif, toucher, goût, vue, ouïe. Une invitation à penser l’hospitalité non pas comme un service standardisé, mais comme une expérience totale, globale et sensorielle.

La voix de la philosophie

La philosophe Gabrielle Halpern, auteure notamment de Penser l’hospitalité (avec Cyril Aouizerate, 2022), a également pris la parole : « L’hospitalité de demain se fera avec tous les sens. On refuse le standard. Il faut créer une expérience globale, avec son territoire. » Pour elle, l’inoubliable ne se construit pas seulement avec la tête, mais avec toutes les cellules du corps. Elle souligne que l’avenir de l’hôtellerie ne sera pas dans le tout-numérique désincarné, mais dans une reconnexion avec le tangible et le sensoriel — un refus du standard, de l’uniforme, de l’aseptisé.
La philosophe participera à une conférence lors du salon.

Equiphotel 2026 s’annonce comme une édition tournée vers le sens — celui qu’on donne aux choses, et celui qu’on en garde.